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Devant 500 patrons français et tunisiens, au deuxième jour de sa visite d'Etat, le président français a déclaré : "Vous avez une main d'oeuvre qui ne demande qu'à être formée, nous avons beaucoup d'intelligence et beaucoup de formation (...), ce n'est pas les uns contre les autres, c'est les uns avec les autres". Il a été très applaudi.
Je sais pas, moi je trouve cela ahurissant. En gros, on dit
« nous qui sommes intelligents et développés, on va quand même pas payer trop cher des mecs de chez nous pour faire de la basse besogne. Alors envoyez-nous votre main d'œuvre pas chère, et puis on va s'en occuper, vous inquiétez pas »
Tu m'étonnes que le pare-terre de patrons était aux anges !! Ces même patrons français qui feraient presque du syndicalisme en demandant une régularisation massive. Tu parles, ils ont bien compris l'intérêt qu'il y a avait à faire entrer des vagues d'immigrés payés à petits prix.
Je ne sais pas sous quel ton cela a été dit, mais une chose est sûre: le savoir-faire ne demande qu'à être développé dans le Maghreb. L'intelligence "innée" et la volonté existe en grande quantité, mais le système d'éducation a plusieurs lacunes - d'abord les fonds. Le bilinguisme est également un frein à un système d'éducation déjà en manque de moyens.
Bref, il y a un moyen de dire certaines choses de façon clair et direct avec un peu de tact, mais il manque un certain recul dans une analyse trop "anti-Sarko"... puis à aucun moment un chef d'état oserait dire "donnez nous votre main d'oeuvre pas cher".
@ fruey : il est clair que le discours ne l'a surement pas été sur un ton méprisant, et je souscris à ton analyse.
Mais il faut aussi remettre tout cela dans dans le contexte des discours successifs de sarko : Dakar notamment, tu te souviens lorsqu'il parlait de « l'homme africain » ; et puis ce problème de régularisation massive demandée par le patronat pour avoir une main d'œuvre pas chère.
[On notera au passage une zolie confusion entre régulatisation et naturalisation de notre président lors de son dernier show, mais c'est un autre débat]
Après, je reconnais volontiers une tendance "anti-sarko", mais c'est précisément pour cette raison de contexte dont je te parle ci-dessus : quand tu prends un discours, une mesure isolée, ça peut passer. Mais quand tu les replaces dans l'ensemble de l'œuvre du monsieur, personnellement ça me fait pas triper.
C'est bien un discours sur la supériorité de la race européenne. En clair, nous sommes là pour vous coloniser et apporter la sagesse et le savoir dans votre pays où vous n'êtes que des animaux. En gros ça se traduit comme ça.
Et là je les vois venir "mais non il est pas raciste tu déformes ces propos, mais non il est pas fan de Vichy, c'est un super président laissez lui sa chance, Leave Sarko Alone".
La voilà la vrai évolution de cette race d'homme :
http://img139.imageshack.us/img139/609/sarkozylepen.png
Cela ne m'étonne pas que les patrons applaudissent. J'y vois 2 raisons :
(1) la possibilité d'une main-d'oeuvre peu chère et qui revendique peu, contrairement aux ouvriers européens,
(2) et aussi (!), cela permet aux entreprises d'éviter d'investir !
(1) => les patrons se placent dans une politique d'affrontement avec leurs employés
(2) => les patrons se tirent une balle dans le pied à +/- long-terme, voire bien plus tôt.
Sympa.
La raison (2) est peu mise en avant, je ne l'ai jamais rencontré dans les médias, mais elle est tout aussi importante. En voici un exemple.
Quand il faut refaire une canalisation, la méthode francaise est de défoncer les trottoirs, de refaire la canalisation et de reboucher plus ou moins proprement la tranchée. Cela engrendre des dérangements, du bruit, voire des pbs de circulation et c'est long. Mais tout le monde s'en fout ! D'un coté, les pouvoirs publics n'ont pas bcq d'imagination et ne poussent pas à une amélioration. De l'autre coté, les entreprises du batiment ont une main d'oeuvre pas chère, des pauvres bougres payés au lance-pierres, n'investissent pas, et ont tout intérêt à faire durer les travaux. Bref, tout ce petit monde s'y retrouve sur le dos des contribuables et des travailleurs.
Au Japon, d'après ce que j'ai entendu, ils ont développé depuis plus longtemps que nous, des micro-tunneliers capables d'opérer des opérations de pose ou de rénovation sans tranchées ou à tranchées limitées. De fait, par ex, dans la catégorie des grands tunneliers du tunnel sous la Manche, on trouve pour les constructeurs : Kawasaki (JP), Mitsubishi (JP), et aussi Robbins (US). Bref, la technique des tunneliers, micro ou macro, et plus largement des robots, elle est pas chez nous ! Je dirais : faute d'incitation des pouvoirs publics et faute d'investissement des entrepreneurs.
Chez nous, on a plutôt une association loi 1901 : la FSTT http://www.fstt.org
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La FSTT (FRENCH SOCIETY FOR TRENCHLESS TECHNOLOGY - Comité Français pour les Travaux Sans Tranchée) est une association à caractère scientifique et technique.
Elle a pour objet la promotion, la connaissance, la formation à la pratique des techniques sans tranchée pour les travaux de canalisation et sur les réseaux enterrés de toute nature.
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Cool, on va finir par arriver, en espérant que l'on finisse par avoir une partie du business commercial.
Un peu d'innovation, que diable ! Cela n'est pas en tirant vers le bas (les salaires par ex) que l'on y arrivera forcément. Tirer par le haut (investir), c'est aussi une voie intéressante.
Bref, je ne suis pas sûr que nos managers, au sens large, fassent tout le temps bien correctement leur boulot (car manager, c'est quand même prévoir).
J'ai oublié en complément à mon post précédent, j'ai aussi trouvé :
Une alternative "citoyenne" à l'aménagement de nos villes : les travaux sans tranchée
http://surlaroutedesbatisseurs.blogspot.com/2008/01/une-a...
Je cite : "On recense désormais plus de 40 techniques sans tranchée". Apparemment, en France, on n'en connait pas une seule...
Bon exemple. Un robot et deux opérateurs pour remplacer six ou huit gus et leur minipelle, c'est efficient. Qu'est-ce qu'on raconte aux gars qui restent chez eux ?
Dans ce charmant fil de discussion, on oublie un poil le contexte politique de la Tunisie et ce que le nain et son équipe de plafonnés essaient de faire pour impusler une dynamique unioniste dans le maghreb.
C'est tellement facile d'être choqué.
@fredfrred
- OK, pas de robot, ni d'opérateurs, on reste aux bonnes vieilles méthodes => et qu'est-ce que tu dis aux ouvriers francais quand les patrons francais les trouvent trop chers ?
- OK, pas de robot => et comment tu fais quand la techno sera uniquement aux mains des japonais qui la maitriseront +/- seuls et que la techno sera à un coût tellement faible que les ouvriers en France resteront sur le carreau (idem l'électronique) ?
- le robot, c'est pas seulement 2 opérateurs, c'est aussi plein de gars pour le mettre au point, des retombées robotiques dans d'autres secteurs et des commerciaux pour vendre cette belle techno => ce sont des emplois plus sexys que manoeuvre sur un chantier.
OK, les robots ne règlent pas tout et on aura tjrs besoin de main d'oeuvre.
Reste qu'en France, on fait trop souvent l'autruche. On se dit que l'on a une solution qui marche, à bas cout (ou on peut en faire venir) et on se dit trop souvent que cela n'est pas la peine d'investir, de faire mieux. Résultat = on se fait doubler ou pire (pb de l'amiante).
Maintenant, je la sens mal la dynamique unioniste, simplement parce qu'à vouloir faire passer cela +/- en vitesse au forceps comme je l'imagine, je sens que, chez le nain, cela va finir dans le tout-à-l'égo, sur notre dos... Depuis la vente d'Arcelor, le quasi-démantelement en France de Péchiney... j'attends tjrs une politique francaise industrielle *cohérente* qui ne se fasse pas sur notre dos...
Ah, oui, dans la série des décisions politiques débiles, j'oubliais la création d'EADS. La France (DSK+Jospin) a proposé une association 50-50 avec les allemands, histoire de leur faire accepter EADS (alors que Airbus marchait déjà bien), alors que pour les actifs, de mémoire, la France en avait 60% et l'Allemagne uniquement 40 %. Evidemment, au nom de l'Euuuurrooooooope, les allemands ont accepté. Pb : maintenant qu'ils sont passé à 50%, ils poussent pour en avoir plutôt 60... Les pbs de management (paritaire avec les allemands) successifs à la tête d'EADS sont venus ensuite de là.
Ne vous y trompez pas : je n'ai rien à reprocher aux allemands, j'y ai même de la famille. Ils ont joué leur rôle. C'est normal. C'est simplement qu'en France, on est trop bon, trop con. Alors qu'en matière d'économie, il n'y a pas vraiment de cadeau à se faire (sinon empoisonné).
Mais bon, on était tout fiérot en France, ben oui, pensez-donc, on, nous, les Francais, nous avions fait l'Euuuurrooooooope aéronautique, hein, oui, nous les francais ;-) ! On est rentré dans l'Histoire !
Bon, voilà maintenant, la dynamique unioniste du nain... Allons donc ;-) ! Voyons voir s'il sera plus futé que DSK+Jospin...
@Ginkgo : bonnes et saines remarques. J'ajoute :
- démographie aidant, les patrons français vont de toute façon devoir composer avec l'offre. En BTP, les coûts de main d'oeuvre n'ont rien à voir avec le prix des prestations.
- peu de minipelles ou d'engins de BTP produits en France. Si le robot est japonnais, certains de ses composants - materiels et logiciels - peuvent très bine venir de partout dans le monde. Par contre, il me semble coton de transformer la population d'ouvriers du BTP en ingénieurs en robotique...
- je parlais d'union des pays du sud de la Méditeranée. C'est vrai que c'est mené à l'arrache mais ça urge.
- Le temps politique et celui des entreprises, industrielles ou pas, n'est pas compatible. Nos politiques ne savent parler qu'aux très grosses entreprises, celles dont la perennité est telle qu'elle peut survivre aux pires inepties du pouvoir. Je rappelle que depuis près de dix ans l'Europe entière ne parie son devenir que sur "l'économie du savoir" qui est un truc anti-industriel fumeux.
@fred "peu de minipelles ou d'engins de BTP produits en France" <<< je ne suis pas d'accord du tout avec toi car c'est un des rares domaine dans lequel on arrive à garder encore ça sur le sol french à cause des contraintes de qualité : que ce soit FURUKAWA, CATERPILLAR, INGERSOLL RAND MONTABERT,BOBCAT, PELJOB.... sont toutes fabriquées en france et tu sais pkoi ?? car au niveau des aciers, soudures ,QMOS ( cahier de soudage ), controle destructifs ou non,sérieux de la prestation ... la france reste un leader , qui a du mal à se vendre oui mais pour ceux qui dans le monde veulent du matos de qualité ils achètent french, et il y en a beaucoup.
@fredfrred: merci pour tes commentaires auxquels je réponds ci-dessous.
- il n'est pas question de "transformer" d'un coup les ouvriers du BTP en ingénieurs en robotique, mais plutôt, comme gouverner, c'est prévoir (si tenté que nos hommes politiques le savent), chaque année, de former un peu moins d'ouvriers du BTP et un peu plus d'ingénieurs en robotique !
- je crois que l'union de la méditerranée dont parle le nain inclut les pays du sud de la méditerranée, mais aussi, en partie l'Europe. (1) je ne vois pas trop comment le nain va pousser ces pays à s'unir, d'ordinaire les unions qui fonctionnent sont celles qui viennent d'une volonté *interne* des pays en question, je ne vois pas pourquoi le nain les aiguillonne pour s'unir, cela me semble bizarre, marcher un peu sur la tête, pas tellement sain, (2) il y avait déjà une initiative européeenne dans ce sens, je me demande si le nain n'en fait pas encore qu'à sa tête pour tirer la couverture à lui
- nos politiques ne savent plus tellement parler aux entreprises, sauf celle du public (fonctionnaires) et encore. Parce que les entreprises, qui résistent aux pires inepties du pouvoir comme tu l'écris, cela n'existe plus tellement à l'heure de la mondialisation. Mêmes les grosses sont touchées (Arcelor, Péchiney, EADS). Ne parlons pas des moyennes qui font pouvoir le beau temps de l'Allemagne, mais pas chez nous (je note au passage, quand même, une attention particulière pour les PME dans le gouvernement du nain).
@fredfrred
"L'économie du savoir", c'est effectivement du foutage de gueule. J'espère que le gouvernement ne mise pas tout là-dessus.
Si les industries sont délocalisées, alors, croit-on, il nous restera tjrs le principal, le savoir, l'économie immatérielle. Or, si les usines sont capables d'être délocalisées, l'économie du savoir, l'économie immatérielle est encore plus capable d'être délocalisées, car elle est immatérielle, encore plus facilement transportable !!!
Pour donner un ordre de grandeur, je crois, que si, scénario fictif, dans 10 ans, la dernière usine francaise sera délocalisée, alors certains pourront nous croire sauvés avec l'économie du savoir. Pourtant, à 10 ans + 1 jour, cette dernière (!) économie sera aussi délocalisée, tellement elle est facile à délocaliser (les hommes, les livres, les vidéos, les musiques... passant aisément les frontières, plus aisément que les usines). Et nous nous retrouveront à poil ! L'économie immatérielle, c'est par ex, le cinéma, la musique... Vu comment ces médias se font pirater et les ventes chutent, est-ce que le gouvernement veut miser là-dessus !? En laissant partir les usines !? C'est ca le plan !? Dur.
Voici un post intéressant qui cite Attali (allant dans le même sens) :
Ces industries qui vont manquer à l'Europe
http://pepites.blogspot.com/2007/01/ces-industries-qui-vo...
Cette histoire d'économie cache aussi autre chose !
Ce que ne dit pas cette histoire d'économie du savoir, immatérielle, c'est que cela ne peut fonctionner que si on contrôle les usines à distance, dans les pays étrangers, et comme ce sont, pour des raisons de coût, des pays à bas coût, cela veut dire éviter que ces pays fassent la révolution et nationalisent les usines. Pour cela, ces pays doivent avoir peur des "pays donneurs d'ordre". Cela veut dire que ces derniers pays doivent être en tête de la course aux armements, cela veut dire une course aux armements sans relache vue la mondialisation. Je crois, en effet, que la mondialisation induit un effort accru dans la course aux armements, et explique (en partie) l'attitude des USA et leur interventionnisme.
@Advaita: d'accord avec toi, on sent qd même un problème troublant de supériorité chez Sarko, mais il a de l'humilité parfois aussi. Seulement, il veut qd même un grand projet pour l'Europe du Sud et le Maghreb, et d'autres avant lui n'ont rien fichu. Ceci dit, le fait de voir les autres sous une lumière "différente" est certes troublant. Mais il faut accepter certaines différences objectives (socio-économiques) et savoir les expliquer autrement qu'en généralisant sur un pays ou une race, c'est sûr.
@Gidko: parfois, l'immigration est une bonne chose pour l'économie. Faut pas mélanger le chevre et les choux, puisque franchement il y a besoin de main d'oeuvre déjà en France et les postes ne sont pas pourvues.
@fruey : merci de ne pas faire de contre-sens et de ne pas réduire mon propos à sa caricature !
Je ne dis pas que l'immigration, c'est bon ou c'est mauvais.
J'analyse simplement le contexte économique général ; en pensant y déceler le fait que l'attractivité de la pente à la facilité de laquelle certains se laissent aller, si mal dosée, va se retourner contre nous et en premier lieu, les plus pauvres.



