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Extrait :
"Ségolène Royal a raison de demander un moratoire pour que tout cela soit réexaminé. Mais même un moratoire, s'il est possible, aura un coût. Les Etats l'assumeront, du fait de leurs responsabilités. Mais il serait moral qu'ils se retournent, pour en récupérer une partie, contre les gestionnaires fautifs qui jusqu'ici ne sont en rien associés au prix de leur responsabilité."
Rocard... S'il pouvais décider de se présenter celui-là... je ne pense pas que cela ne ferait plaisir qu'à moi... Rocard, Getch, qui je te le rappelle, a répondu à l'invitation de Bayrou pour l'université d'été de l'UDF ;-) J'imagine qu'il est seulement très polit ;-)
En tout cas voilà qui révise un peu mes positions sur le sujet.
Cet article de M.Rocard ne me fait pas réviser mes positions sur le sujet, il les conforte.
Un ou deux journalistes devraient mener une enquête et publier un livre sur les pratiques managériales dans les grandes entreprises cotées en bourse, je pense qu'ils feront un tabac et on tomberait tous à la renverse devant tant d'absurdités.
A partir des années 80, nous sommes passés d'un capitalisme entrepreneurial / managérial - où le dirigeant prend des risques, gère et développe son activité, empoche les sous si ça marche et boit le bouillon si ça foire - à un capitalisme "actionnarial", où la direction et la responsabilité de gestion sont totalement désincarnées.
Le PDG n'est qu'un salarié nommé par le Conseil d'Administration. Si la boutique marche bien, il empoche son variable. Si ça foire, on dira c'est la pression des actionnaires et voilà, il empoche ses indemnités de licenciement et sa prime de risque. Nan mais paske bon, faut pas déconner non plus, c'est un poste achement risqué, on peut être remercié du jour au lendemain et se retrouver sans taf hein, v'z'en rendez pas compte vous autres...
Alors évidemment, un capitalisme et une libre entreprise où les gains ne sont plus associés à la prise de risque et au talent mais au fait d'avoir un bon avocat en Droit du travail, où on touche le pactole à tous les coups même en cas de boulettes de gestion,... comment voulez-vous que ça marche ?
Et je passe délibérément sous silence les notions d'éthique et de valeur humaine (telle que la responsabilité qu'on a vis-à-vis à des collaborateurs qu'on dirige, par exemple...), car ils ont déjà été amplement abordés dans l'article de Rocard.
En un mot : tant que ces messieurs dames grands décideurs - politiques comme dirigeants d'entreprise - ne courent aucun risque personnel et réel dans leurs prises de décision, il n'y a aucune raison que cela cesse.
PS : et j'en profite pour faire mon "coming-out" politique... Si Michel Rocard avait été candidat aux présidentielles, sûr que là j'aurais voté PS !!! :p (hélas, il ne reviendra pas... )



